Juliette
Cicéron

Date de naissance : 106 av JC
Date de mort : 7 décembre 43 av JC
Siècle : II et I siècle av JC
Biographie :
● De la naissance au consulat.
Marcus Tullius, ou Cicéron, qui était un surnom lié à une verrue sur le visage appelée « cicero » en latin, est né à Arpinum, dans le Latium d’une famille équestre. Il avait un frère, Quintus, de quatre ans son cadet.
Cicéron a grandi dans un climat d’instabilité politique, suite aux multiples guerres civiles entre le parti conservateur, le peuple, Marius et Sylla.
Cela ne l’empêche pas de suivre de prestigieuses études, telles que la philosophie, le droit, la rhétorique…Il va beaucoup au forum pour écouter les plus grands orateurs et se rend en Grèce auprès du rhéteur Molon.
Il y rencontre d’ailleurs son futur meilleur ami, Titus Pomponius Atticus.
Il devient un avocat célèbre après avoir attaqué en justice un serviteur de Sylla, lors du procès du Pro Roscio Amerino en 80. Après ce succès, il accède facilement au Cursus Honorum (carrière des honneurs) et devient questeur en 76, édile en 70 et préteur en 67.
En 70, il conduit en justice le gouverneur de Sicile, Verrès, en proclamant les quatre discours des Verrines qui accusent ce gouverneur de tyranniser et de piller sa province. Par cette prise de position, Cicéron prend parti contre la noblesse et le parti aristocratique auquel Verrès appartient (chevaliers, sénateurs…).
Mais à Rome, il y a de plus en plus de troubles à cause des populares menés par des extrémistes comme Catilina. De plus, il y a des guerres à l’extérieur qui s’éternisent (guerre contre le roi du Pont, Mithridate). Cicéron soutient Pompée pour prendre le commandement de l’armée d’Asie et ensuite, pour canaliser la population, il tente une alliance entre les chevaliers et les sénateurs. C’est à cette période qu’il est élu consul en 63, battant au passage Lucius Sergius Catilina.
● Du consulat jusqu’à l’exil
Cicéron est enfin consul, mais son adversaire malheureux à cette élection, Catilina, rassemble autour de lui de nombreux nobles ruinés, n’ayant plus rien à perdre dans une guerre civile. Catilina recrute même une armée en Etrurie. Cicéron ne possède aucune preuve tangible pour faire condamner Catilina, et il craint de plus en plus pour sa vie… Enfin, il obtient du Sénat les pleins pouvoirs et durant les deux derniers mois de son consulat, il tente un coup risqué : il accuse Catilina devant le Sénat en prononçant sa première Catilinaire, malgré son manque de preuves. Catilina est effrayé et il préfère rejoindre son armée en Etrurie, se désavouant ouvertement. Cicéron prononce un second discours destiné à heurter l’opinion publique, et il y arrive.
Les conjurés tentent de se joindre aux députés Allobroges se trouvant à Rome. Ceux-ci préviennent Cicéron qui possède désormais une preuve irréfutable, une lettre écrite et signée.
Cicéron fait promptement arrêter les conjurés présents à Rome et prévient le Sénat, qui approuve cette décision et informe le peuple grâce à la troisième Catilinaire.
Le 5 décembre, Cicéron obtient la mise à mort des accusés à la fin d’une séance, où il prononça la quatrième Catilinaire. Ces accusés sont abattus le soir même dans le Tullianum, un cachot de la prison Mamertine. Le 5 janvier 62, l’armée gouvernementale inflige à l’armée de Catilina une sévère défaite, à Pistoia où Catilina meurt.
Cicéron ayant sauvé l’Etat et la République, il reçut le titre de Pater patriae (père de la patrie).
Mais en 58, Cicéron, à cause de la pression du parti populaire, menés par Clodius, fut exilé un an en Thessalie pour avoir fait exécuté les conjurés sans procès.
● De l’exil à la mort
L’année suivante, Milon le fait rappeler et sa maison est reconstruite aux frais de l’Etat, mais son autorité est indiscutablement affaiblie. En 52, il prononce un plaidoyer célèbre, le Pro Milone, pour défendre Milon qui est accusé d’avoir assassiné Clodius et compose des ouvrages sur l’art du discours (de Oratore, en 55) et sur la politique (de Republiqua en 54 et de Legibus en 52).
En 52, Cicéron est nommé proconsul en Cicilie. Lorsqu’il retourne à Rome en janvier 49, il retrouve Rome en proie à la guerre civile, divisée entre César et Pompée.
Malgré ses doutes concernant la capacité de Pompée à gagner cette guerre, Cicéron prend son parti et celui du gouvernement contre César, mais il ne participe pas à la bataille de Pharsale (le 9 août 48) qui voit la défaite de Pompée. Cicéron retourne en Italie et à Rome. César lui pardonne sa trahison et lui permet de se réinstaller dans la capitale.
Cicéron, une fois de retour, ne joue plus aucun rôle politique et se consacre entièrement à l’écriture de ses nombreux ouvrages sur la rhétorique, comme le Brutus et l'Orator, et philosophiques, comme les Tusculanes, qui tirent leur nom de la demeure de Cicéron, Tusculum.
Sa vie personnelle est bouleversée par son divorce avec sa femme Terentia (en 46) et la mort de sa fille Tullia (en 45).
Après la mort de César en 44, Cicéron croit pouvoir reprendre place sur la scène politique mais Antoine brigue la place de César. Cicéron prononce alors contre Antoine quatorze Philippiques, en soutenant le jeune Octave. Mais le jeune homme s’allie avec Antoine et Lépide pour créer le second Triumvirat, nécessitant la mort de Cicéron.
Cicéron rejoint sa propriété sa propriété de Formies pour échapper aux soldats d’Antoine, qui le retrouvent finalement et l’égorgent, malgré son courage. Son frère Quintus et son fils furent égorgés peu après.
Ses œuvres : Pro Roscio Amerino
Tusculanes
Divinatio in Q. Caecilium
Pro Murena
Première Catilinaire
Deuxième Catilinaire
ad Atticum
ad Familiares
ad Brutum
Pro Milone
de Republica
de Oratore
de Legibus
Une phrase célèbre : «Les maladies de l'âme sont plus funestes que celles du corps.»
Ses contemporains célèbres : Salluste, César, Octave et Milon.
Ses liens avec ceux-ci : Salluste et Cicéron ne s’entendaient guère, et Cicéron demeura toujours l’un des plus féroces adversaires de celui-ci.
Cicéron défendit Milon lors d’un procès mais après, lorsque Milon fut exilé, malgré un plaidoyer où Cicéron avait fait la promesse de suivre Milon s’il était exilé, il resta à Rome.
Cicéron préféra s’allier avec Pompée qu’avec César, mais celui-ci ne lui en garda pas rancune, préférant exploiter ses qualités.
Cicéron essaya de manipuler Octave pour le monter contre Marc Antoine mais ces deux-là préférèrent s’allier en secret et firent assassiner Cicéron.
Le climat politique durant la jeunesse de Cicéron
Cicéron a grandi dans une période de troubles, à cause de la Guerre sociale et de la Guerre civile entre Marius et Sylla.
I° La Guerre sociale
Cette Guerre sociale se déroula de 90 à 88 av JC. Elle opposa la République romaine et ses alliés italiens, car ceux-ci espéraient obtenir la citoyenneté romaine, seulement accordée aux romains de « pur souche », alors que ces alliés italiens vivaient sous la juridiction de Rome depuis la fin des guerres puniques.
Cette citoyenneté procurait de nombreux avantages, comme payer moins d’impôts, avoir de meilleures places durant une guerre et avoir une meilleure part du butin.
Quelques « leaders » prennent la tête du mouvement comme le Marse Q. Pompaedius Silo, le porte-parole de la péninsule dans les négociations avec Livius Drusus, et le Samnite C. Papius Mutilus.
Dans toutes les cités est décrété l’état d’urgence et de nombreuses villes prennent des otages, comme dans la ville d’Asculum dans le Picenum où le préteur Servilius est mis à mort ainsi que tous les citoyens romains présents dans la ville.
Les Marses, les Péligniens, les Vestins, les Marrucins, les Picentins, les Lucaniens, les Apuliens et les Samnites rentrent eux-aussi en insurrection et une grande partie de l’Italie fait sécession et proclame son indépendance, Rome ne voulant pas accepter leurs revendications.
Les rebelles forment un nouveau gouvernement et veulent attaquer Rome.
Les romains réagissent en envoyant des armées dans les vallées du Tibre et de Vulturne, mais une des deux armées ne résiste pas et le Sénat est obligé d’accorder le droit de cité aux italiens grâce à le « lex Julia ». D’autres lois sont votée pour accorder ce droit à tous les italiens et le Sénat profite de la démobilisation de l’armée des rebelles pour en remettre deux autres en place, dont une commandée par Sylla. Elles écrasent les résistants en très peu de temps et le mérite en revient à Sylla mais pas à Marius, ce qui déclenchera la première guerre civile.
II° La Guerre civile
Durant la jeunesse de Cicéron, après la guerre sociale ont eu lieu deux guerres civiles entre Marius et Sylla pour contrôler la République romaine.
Sylla est soutenu par le parti conservateur et est élu consul après la guerre sociale, Marius ayant manifesté trop de sympathie envers les rebelles.
Mais Marius ne se laisse pas faire et rentre à Rome où il s’oppose à Sylla avec son armée. Un plébiscite organisé par le tribun Rufus désigne Marius comme « vainqueur ».
Sylla fit semblant d’accepter sa défaite mais revient avec son armée et fait voter par les sénateurs un décret déclarant ses adversaires hors-la-loi. Sûr de sa victoire, Sylla s’en alla, laissant le champ libre à Marius qui avec Lucius Cornelius Cinna revint d’exil et pris le pouvoir à la tête du parti des populares, celui du peuple.
Apprenant la victoire des populares, Sylla revient et écrase ses adversaires, profitant de la mort de Marius. Il met au pouvoir les aristocrates dont Pompée et le parti conservateur resta au pouvoir jusqu’à l’arrivée de César.
Cinna
Cinna est né vers 55 av JC, ses parents étant Lucius Cornelius Cinna et Pompeia Magna. Il était entre autre le petit-fils de Pompée.
Il prend parti contre Octave durant les guerres civiles mais celui-ci lui pardonne et lui restitue ses biens.
Mais Cinna ne compte pas s’arrêter là : en 4 ap JC, il complote contre Auguste et veut le faire assassiner, profitant du fait qu’Auguste est parti en Gaule.
Cinna est dénoncé mais Auguste ne sévit pas contre lui, son épouse Livie lui ayant démontré que l’indulgence vaut mieux qu’une exécution.
En 5 ap JC, il est nommé consul par Auguste avec Lucius Valerius Messala Volesus. Ils créeront une loi appelée la loi Valeria-Cornelia, qui organise la désignation des candidats aux magistratures en constituant dix centuries de sénateurs et de chevaliers.
Son histoire inspira à Corneille la pièce de théâtre "Cinna ou la clémence d'Auguste".
Le siècle d’Auguste
L’administration sous Auguste

Avant de parler de l’administration sous Auguste, il faut parler des pouvoirs de celui-ci. Auguste fut tout d’abord « princeps », c’est-à-dire le « premier des citoyens », ce qui donnera naissance plus tard au « principat », soit le régime politique qu’il instaura. Il ne revendiqua ni honneurs ni distinction afin de ne pas choquer l’opinion publique qui ne voulait pas d’un autre dictateur ou roi. Après avoir été de nombreuses fois consul (de 31 à 23 av JC), il fut récompensé par le Sénat qui lui accorda le titre d’Augustus et le gouvernement de quelques provinces. Auguste en profita et concentra deux autres pouvoirs importants : l’imperius majus (pouvoir civil et militaire supérieur à celui des autres magistrats) et la puissance tribunicienne qui est le droit d’imposer ses décisions au Sénat et qui le rendait « sacro-saint ». Après la mort de Lépide, en 12 av JC, il assuma la charge de Grand Pontife. Après cela, Auguste possédait assez de pouvoirs pour imposer sa volonté au peuple de Rome.
Il commença en réformant l’administration ; il en fit une administration ne dépendant que de lui tout en restaurant des institutions républicaines. Le Sénat est valorisé et prend plus d’importance en apparence : il dirige certaines provinces dont Auguste n’a pas besoin, comme celles sans garnisons et sans légions. Le Sénat met à leur tête des proconsuls ayant été auparavant approuvés par Auguste. La monnaie est crée par Auguste et le Sénat mais c’est la tête d’Auguste et son nom qui y paraissent. Le Sénat continue à avoir un rôle de conseiller mais c’est Auguste qui a le pouvoir de décision. Le Sénat n’a plus aucun pouvoir réel.
Auguste instaure aussi une administration payée où pouvait travailler des fonctionnaires civils et d’autres de plus haute naissance (caste équestre, sénateurs…)
Les magistratures traditionnelles subsistèrent malgré quelques changements : les questeurs ne furent plus que 20 et ils s’occupaient désormais des fonds des archives et du trésor publique (quaestores oerarii), la comptabilité provinciale (quaestores pro praetore), et le secrétariat impérial (q. principis) ou consulaire (q. consulum). Les édiles n'ont plus a s'occuper que du culte municipal et des soins de balayage des rues et de la police des marchés. Les préteurs et les consuls restent chargés de la juridiction et on peut dire que l’empereur a augmenté leurs pouvoirs pour ces quelques attributions. Mais, en fait, l'autorité de tous ces magistrats est ruinée par la création de fonctions semblables, celles des représentants de l'empereur La principale, sous Auguste, est la préfecture de la ville. Auguste créa aussi Le praefectus urbis était chargé de la haute police de Rome et de l'Italie Pour l'aider dans l'administration des finances, des travaux publics et de la police municipale, Auguste créa des surintendants des travaux publics (curatores operum publicarum), des routes (cur. viarum), du lit du Tibre (c. alvei Tiberis), des aqueducs (C. aquarum), un préfet des vigiles pour lutter contre les incendies (praefectus vigilum), un préfet de l'annone qui était chargé du ravitaillement (pr. annonae)… Pour le remplacer à la tête des soldats de la garde impériale ou prétorienne (cohortes praetoria), il nomma deux préfets du prétoire (praefecti praetorio).
Auguste nomma aussi des légats qui, à l’aide des procurateurs (représentants des finances), administraient les provinces impériales et leur armée. Il nomma aussi le préfet d’Egypte très puissant grâce à cette nouvelle province. L'administration financière dut être à peu près complètement remaniée par Auguste. Il laissa cependant en place le trésor public (œrarium) et il prit pour son trésor personnel (fiscus) les revenus de la moitié des provinces, se chargeant également de couvrir les dépenses des administrations qui lui étaient confiées. De nouveaux impôts furent créés, comme en l'an 6 de notre ère, un impôt de 5% sur les successions (vicesimae hereditatium) et de 1%, sur les ventes (centesima venalium), qui servirent surtout aux frais de l'organisation militaire. On créa à cet effet un oerarium militare pour lequel Auguste nous dit qu'il fournit lui-même un capital de fondation de 170 millions de sesterces. Pour intéresser le peuple aux procédées de l'État, Auguste imagina de publier de temps en temps le budget de l'empire.
